Follow by Email

22 octobre 2012

Une tribu dans la nuit


Billy a sorti quelque chose de la poche de son manteau. C'était enveloppé dans une serviette en papier du restaurant chinois. Lentement, il l'a dépliée : la bouche du garçon est restée ouverte tout le temps. "Et voilà !" a clamé Billy. Un beignet à la banane largement entamé reposait au milieu de la serviette. "Je me le gardais pour le petit-déjeuner, mais je veux bien t'en laisser un peu". 
J'ai eu envie de sourire, tellement Billy se montrait gentil et drôle avec Max alors qu'il ne le connaissait pas du tout. C'était la première fois que j'avais envie de sourire depuis le jour où il avait fait semblant d'être mon grand-père. 

Skip est un adolescent solitaire et artiste. Ballotté d'une famille d'accueil à une autre, il fugue dans la rue jusqu'à ce que Billy, un vieux SDF, l'accepte à ses côtés. Mais la guerre éclate : lorsque la ville est bombardée, Skip et Billy tombent sur Max, un petit garçon désemparé, seul dans les décombres. Tous trois se réfugient alors dans un parc d'attractions abandonné. La survie, faite de débrouillardise et de jeux, s'organise. Et Skip se sent de plus en plus responsable de Billy et de Max. Vient le jour où paraît Tia, ballerine d'à peine quinze ans, avec son nourrisson dans les bras. Comment sera-t-elle accueillie par cette famille insolite ? Et comment pourront-ils, tous ensemble, affronter des lendemains aussi incertains ?

Publié pour la première fois en France, ce texte à la voix singulière, littéraire mais accessible aux jeunes lecteurs, est d’une qualité impressionnante. Il évoque la poésie des livres de Cormac McCarthy et la fragilité des personnages de Carson McCullers. D’une écriture limpide, Glenda Millard fait surgir des sentiments purs, un décor cinématographique, des personnages inoubliables, ceux d’une tribu fragile mais liée à jamais, dont les membres se sont choisis les uns les autres par la force des choses.
Immédiatement en empathie avec eux, le lecteur se retrouve happé dans un récit puissant et riche de questions existentielles, qui résonneront en écho à sa propre construction.

Glenda Millard est née à Victoria, en Australie, et a commencé à publier des romans pour adolescents en 1995. Elle en a écrit une dizaine. L’idée d’Une tribu dans la nuit lui est venue après qu’elle ait lu un article dans le journal sur les « tribus urbaines » ; elle s’est alors demandé à quoi pourrait bien ressembler la vie d’un jeune garçon sans maison ni famille, vivant aux côtés d’autres personnes réunies en raison des circonstances dramatiques de la vie. Même si le roman traite de la guerre en arrière-plan, son envie était de parler de la nature indomptable de l’espoir.


À partir de 11 ans.

13 € 90
186 pages
Octobre 2011

Traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec 
EAN : 978-2-35851-080-6

1 commentaire: