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20 août 2013

Le Journal malgré lui de Henry K. Larsen


Un roman lumineux et bouleversant sur la violence au collège, le deuil et la culpabilité.

Après le terrible drame qui a frappé Henry et sa famille, et les conséquences qui en ont découlé, l’adolescent âgé de treize ans a déménagé avec son père. Les voici en tête-à-tête, dans une ville où ils ne connaissent personne. Tout est à reconstruire: même la mère de Henry, victime d’une grave dépression, est restée à Port Salish… et le garçon est en révolte.
Bien qu’il déteste positivement l’idée d’écrire dans un journal, tout comme il se refuse à se faire de nouveaux amis, Henry finit par s’ouvrir malgré lui, et trouve même du plaisir à coucher ses pensées sur le papier, comme le lui conseille son thérapeute.
Susin Nielsen réussit un roman d’une très grande finesse sur un sujet actuel : la tragédie d’un adolescent malmené, torturé par ses pairs, jusqu’à ce qu’il tue son bourreau, avant de retourner l’arme contre lui-même et de se suicider. Se plaçant aux côtés du petit frère et de sa famille laissés traumatisés, et emplis de questions, l’auteur choisit de souligner ainsi que la violence n’a pas d’issue. Elle reconstitue sans pathos, pas à pas, au travers des confidences de Henry, de son quotidien qui oscille entre noirceur et nouvelles amitiés, entre gravité et humour, les événements qui ont conduit à l’irréparable.
En empathie, le lecteur se révolte lui aussi contre la douleur d’un deuil presque impossible à faire, de crimes quasi impossibles à pardonner, et décide d’accompagner Henry sur le chemin de sa reconstruction.
Un livre inoubliable qui permet de montrer aux lecteurs combien la détresse d’un adolescent harcelé est destructrice. 

« Quelque chose me dit que Cecil n’est pas la crème de la crème des psychologues. Déjà, il est gratuit. Enfin, il est payé par la Province de Colombie-Britannique, mais ça ne doit pas faire bien lourd. Son bureau est minuscule et encombré, avec des meubles bas de gamme,
abîmés et tachés. Et puis, on dirait qu’il n’a pas pu se payer de vêtements neufs depuis 1969. Nous n’avons pas encore parlé de ÇA. Il essaie de m’y amener l’air de rien. Il me pose parfois des questions orientées. Mais quand il le fait, je prends ma voix de robot pour lui répondre. « Je-ne sais-pas. De-quoi-vous-parlez. Espèce-d’humanoïde. » Alors, il bat en retraite. C’est à cause de cette voix de robot que je me suis retrouvé ici. Après toute l’histoire avec maman, à Noël, mes « furies » sont revenues et je me suis mis à parler comme un robot vingt-quatre heures sur vingt-quatre. »

Susin Nielsen, qui donne à chaque héros de ses romans une voix très juste et toujours singulière, a publié plusieurs romans pour adolescents, tous parus chez hélium (Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère ? et Moi, Ambrose, roi du Scrabble).
Susin Nielsen a un site, susinnielsen.com. 
Elle vit à Vancouver avec sa famille. 

Parution : 21 août 2013
Roman adolescents
Prix public : 14,50 €
• 14, 5 x 20 cm, 248 pages, broché 
• À partir de 13 ans 
 EAN : 9782330022495




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